Les jours : roman / Sylvain Ouillon

Livre

Ouillon, Sylvain (1966-....). Auteur

Edité par Gallimard. Paris - 2019

L'action commence en 1830, dans un village de la Creuse, avec René Devoise et Annette Vacher et s'achève vers l'an 2000, à Paris, avec Lucien. A la manière d'un vaste roman d'apprentissage, l'auteur imbrique histoires familiales et fresque sociétale et politique à travers l'éducation, la vie professionnelle, les voyages et les rencontres de multiples personnages. Premier roman. ©Electre 2019

Autres documents dans la collection «Blanche»

Vérification des exemplaires disponibles ...

Se procurer le document

Vérification des exemplaires disponibles ...
Chargement des enrichissements...

Avis des lecteurs

  • Vive les légendes familiales 5/5

    » Il n’y a que deux conduites avec la vie : ou on la rêve ou on l’accomplit » – René Char Avec cet incipit, l’auteur nous fait entrer de plain pied dans son histoire familiale. Cette famille pourrait être la notre si nous faisions notre arbre généalogique. Nous sommes tous et toutes les descendants ou descendantes d’aïeux venus d’ailleurs afin de trouver en quittant leur village, leur hameau pour « aller à la ville » pour une vie meilleure. Là ils ont construits une nouvelle vie, fait de nouvelles rencontres, de nouveaux amours. Car ces hommes et ces femmes ont décidés qu’ » il arrive que les bifurcations se présentent en avance ou trop tard. Une chose semble à peu près claire : une bifurcation ne peut se prendre qu’à son heure. A la bonne heure« et c’est ce qu’ils ont fait. Partis de leur Creuse natale « nos aïeux » ont parcouru le monde de nos colonies avec la volonté non pas de faire fortune mais de vivre dans de meilleurs conditions. Pour cela ils ont bravés le poids des codes établis par la société, les fureurs des océans des conditions météorologiques sous les différents continents où ils ont émigrés. Ils ont appris d’autres langues, d’autres cultures non pas à la même manière des « expat » d’aujourd’hui. A aucun moment ils n’ont eu l’impression d’être des colonisateurs puisqu’ils n’en étaient pas. D’autres ont choisi le corps de l’armée non pas pour voir du pays ou pour la solde mais par patriotisme, pour représenter la grandeur de la France. Durant tout son roman avec tous ses personnages l’auteur nous emmène en voyage tout aussi géographiquement que spirituellement. Car en nous narrant l’histoire de ses aïeux, il nous livre aussi leurs secrets d’alcôves, leurs intrigues et leurs souvenirs car « sachez donc qu’il n’est rien de plus précieux dans la vie qu’un bon souvenir d’enfance. Un bon souvenir d’enfance est peut être le meilleur des viatiques, la meilleure des éducations ». Cet « Erasmus de la vie » avant l’heure a permis à leurs descendants d’avoir l’esprit ouvert, d’être curieux de toutes choses et lorsqu’ils étaient obligés de rentrer en métropole pour suivre leur scolarité ils emportaient en plus de tous leurs bagages leurs souvenirs si précieux (comme la fois où…) Les époques sont passées tout comme les grands évènements et pourtant c’est dans notre mémoire aussi bien collective que familiale. Nous avons tous dans nos ascendants un grand oncle poilu tombé au champ d’honneur durant la Grande Boucherie de la Somme ou des Dardanelles puis plus tard un petit cousin (germain ou pas) qui s’est battu en Indochine ou durant « les évènements d’Algérie » « Les évènements ne sont rien, ce qui compte c’est leur légende » et des légendes il y en a de nombreuses dans toutes les familles comme celle de l’avarice de la grande tante (dont nous avons oubliés le nom) ou la petite cousine qui avait adopté un crocodile comme animal de compagnie jusqu’au jour où… C’est tout cela que nous raconte ce livre. Avec tous ses personnages l’auteur nous parle d’ « autres nous ». des « nous » dans une autre temporalité. Si nos ascendants ont eu le courage et la force de partir c’est qu’ils considéraient qu’ « être nomade c’est préférer l’être à l’avoir » et c’est une leçon d’humanité qu’ils nous ont offert. Dans ce monde « hyper tout » n’avons nous pas égarés consciemment ou inconsciemment leurs valeurs morales, leurs traditions à laquelle ils étaient tant attachés ? » La vraie vie est ailleurs » disait Rimbaud et si nos aïeux l’avaient trouvée au Tchad, au Congo ou au Maroc ? Et pourquoi pas. Le principal n’et il pas d’avoir non pas la vie rêvée des stars ou des « grands » de ce monde mais notre vie celle que nous construisons jours après jours ? « Que recherche un homme en éternelle conquête : un paradis original ? Son propre big bang ? Une consolation ? … » Je pense que l’auteur en nous faisant voyager en notre fort intérieur nous interroge sur le sens de notre vie car : » Le plus long dans la vie d’un homme c’est de trouver sa voie. Se retrouver. Les parents peuvent y contribuer. Mais pourquoi est ce simple à énoncer et si difficile à accomplir ? «

    par 153 Le 11 juin 2020 à 19:52